API : Plus d’un an après le début de la pandémie de COVID-19, de nombreux pays d’Afrique ont pu résister à la tourmente provoquée par la pandémie de COVID-19 et leurs perspectives économiques sont plus optimistes qu’en octobre 2020 grâce à la conjonction de plusieurs facteurs : le virus s’est propagé plus lentement que prévu et a fait moins de victimes que dans le reste du monde. Cela tient aussi à l’adoption par les gouvernements de mesures vigoureuses pour préserver les vies et les moyens de subsistance, et à un rétablissement plus rapide que prévu des cours des matières premières. La pandémie continue cependant de toucher durement les populations africaines, avec des répercussions qui auraient entraîné jusqu’à 40 millions d’individus dans l’extrême pauvreté. Les femmes, les jeunes, les travailleurs peu qualifiés et ceux employés dans le secteur informel sont particulièrement pénalisés faute d’accès à des filets sociaux et des sources de revenus.

Dans beaucoup de pays africains, les gouvernements ont saisi cette occasion pour accélérer des réformes et des investissements indispensables à leur développement à long terme. Le chemin vers la reprise sera long, et la dynamique économique variera selon les pays et les sous-régions. En réponse à la pandémie, le Groupe de la Banque mondiale prévoit de déployer jusqu’à 160 milliards de dollars de financements afin d’aider plus de 100 pays dans le monde à protéger les populations pauvres et vulnérables, soutenir les entreprises et favoriser le redressement de l’économie. Ce montant comprend 50 milliards de dollars destinés aux pays africains.

En Afrique, l’action de la Banque mondiale s’articule autour de quatre axes principaux : sauver des vies, protéger les populations pauvres, préserver et créer des emplois, et reconstruire sur de meilleures bases.

Depuis le début de la pandémie en mars 2020, la Banque a débloqué près de 24,7 milliards de dollars en faveur de la lutte contre la crise de la COVID-19, notamment en lançant de nouveaux projets dans les secteurs de la santé, de la protection sociale et de la relance économique ou en réaffectant des ressources existantes.

Sauver des vies

La Banque mondiale s’est mobilisée rapidement pour aider les pays africains à renforcer leur action contre la pandémie et leurs systèmes de santé, avant d’intensifier ses efforts sur le front de l’achat et du déploiement des vaccins anti-COVID.

Alors qu’un grand nombre de pays africains ont mis en place des plans de vaccination, l’approvisionnement en doses suffisantes est une priorité pour la région. Selon les estimations de la Banque mondiale, chaque mois de retard dans la vaccination se traduit par une perte de 13,8 milliards de dollars sur le PIB africain.

La Banque prépare actuellement des projets de financement d’urgence des vaccins dans une trentaine de pays d’Afrique — République démocratique du Congo (RDC), Éthiopie, Guinée-Bissau, Rwanda, Sénégal et Tchad, notamment —, pour un montant total de 1,85 milliard de dollars. Ces projets s’attachent à assurer un accès équitable aux vaccins en faisant en sorte que les pays disposent de ressources financières pour se procurer des doses ; réaliser un diagnostic de l’état de préparation des pays afin d’identifier les lacunes et de prendre des mesures pour veiller à la vaccination du plus grand nombre possible de personnes ; renforcer l’infrastructure, et en particulier les équipements de la chaîne du froid, la formation des ressources humaines et les transports ; mettre en place des systèmes de collecte de données pour assurer le suivi de l’impact réel des efforts de vaccination ; et soutenir des campagnes de sensibilisation pour changer les comportements, lutter contre la défiance vis-à-vis des vaccins et accroître la demande dans la population.

Les financements consacrés aux vaccins font suite à une première série de projets d’urgence COVID-19 lancés dans 36 pays (pour un montant total de 988 millions de dollars) avec l’objectif de renforcer la prévention, améliorer le dépistage et procurer du matériel médical (respirateurs portables, équipements de protection individuelle, masques), mettre en place des structures de soins et consolider la participation des communautés, les systèmes de santé et la coordination. Des ressources supplémentaires (190 millions de dollars environ) sont aussi mobilisées à travers la restructuration de projets et des opérations en cours dans le secteur de la santé.

Afin d’améliorer la collaboration transfrontalière en matière de veille sanitaire et d’intervention d’urgence, la Banque appuie des institutions régionales telles que les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique), l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS) et la Commission de l’Union africaine. Dans 16 pays d’Afrique subsaharienne, le programme de renforcement des systèmes régionaux de surveillance des maladies (REDISSE) permet de renforcer les capacités de tests des laboratoires, mieux prévenir et contrôler les infections, communiquer sur les risques de contagion et assurer une coordination internationale.

La Banque mondiale s’emploie en outre à redéployer des ressources dans le cadre d’opérations en cours dans les domaines de la santé, du développement urbain et de la résilience, ce qui a donné lieu à l’activation des composantes d’intervention d’urgence de projets existants dans 16 pays, pour un montant total de 337 millions de dollars. Les Seychelles, le Kenya et Madagascar ont bénéficié de l’activation des options de tirage différé en cas de catastrophe (ou Cat DDO), avec le décaissement de 135 millions de dollars au total.

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